Jeûner, ça fait quoi ?

ham burger with vegetables

La pratique du jeûne est aussi traditionnelle que moderne et se retrouve dans de nombreuses cultures et religions. De nos jours, les trois principales pratiques de jeûne sont le « jeûne intermittent » (à visée thérapeutique) et les jeûnes du Carême et du Ramadan (à visée spirituelle). L’occasion de parler de cette pratique qui serait une thérapie, tout autant pour l’âme que pour le corps.

Ayant habité au Maroc pendant plusieurs années, voici trois années que je me suis lancée dans la pratique du jeûne. Et puisque que demain (13 avril 2021), débute justement le jeûne du Ramadan à travers le monde, je souhaitais profiter de cette occasion pour balayer quelques idées reçues sur le jeûne à destination des non initiés et de faire part de mon expérience en la matière.

Etant donné la multiplicité des pratiques en la matière, je choisis ici comme pratique de référence le jeûne tel qu’il est pratiqué en Islam durant le mois de Ramadan. N’ayant jamais pratiqué le jeûne intermittent, je ne suis pas en mesure d’en parler dans cet article 🙂

Idées reçues sur le jeûne

Combien faut-il prendre de repas par jour ? Le petit-déjeuner est-il indispensable ? Si comme moi, vous avez cherché la réponse à ces questions sur Internet, vous vous êtes sûrement emmêlé les pinceaux à la lecture des réponses extrêmement contradictoires que vous auriez pû y lire, émanant pourtant toutes de spécialistes… De fait, la science n’a pas (encore?) tranché sur ce point. Alors vous imaginez bien que sur la question du jeûne, on est vraiment loin d’avoir toutes les réponses. Ceci étant, voici une petite liste des choses qui ne vont pas vous arriver si décider de jeûner (correctement) :

1. Vous n’allez pas mourir de faim

Le corps est une machine formidable. Pour mourir de faim, il faudrait que vous arrêtiez complètement de vous alimenter pendant plusieurs semaines. Or jeûner, ce n’est quand même pas la même chose qu’une grève de la faim.

En jeûnant, vous continuez de vous alimenter et de vous hydrater, mais selon un rythme qui est différent de celui auquel votre corps est habitué. Et, si je suis d’accord pour concéder que le changement de rythme peut s’avérer pénible, le corps s’adapte rapidement (au bout de quelques jours) pour répondre aux besoins de ce nouveau rythme que vous lui imposez. Un jeûne bien mené n’entraîne pas de risques de dénutrition ou de déshydratation.

Par exemple pour le Ramadan, on se contente d’inverser le rythme jour/nuit. D’ordinaire on se nourrit le jour et on jeûne la nuit, et bien pendant le Ramadan on fait seulement l’inverse. Rien de catastrophique pour l’organisme donc.

sliced colorful citrus fruits placed on plate on wooden table
Photo by Tara Winstead on Pexels.com

2. Vous n’allez pas tomber malade

Encore une fois, un jeûne bien mené n’est pas nuisible pour l’organisme. Au contraire même, puisque pendant une période de jeûne, on ne peut pas se permettre de manger n’importe quoi (fini le Macdo, le Kebab, les chips, les pizza et les bonbons) au risque de ne pas bien gérer ses apports nutritionnels et d’être rapidement très fatigué. Pendant les phases de jeûne, on se nourrit bien et si éventuellement on mange moins, les repas sont de meilleure qualité, ce qui compense largement.

Quant à l’hydratation, elle aussi est de meilleure qualité puisque peu de personnes envisage qu’il soit possible de boire du Coca ou tout autre soda , ou même abuser sur le café pendant cette période (ah et bien sûr l’alcool on oublie). Pendant une période de jeûne on offre un précieux répit pour son foie et ses reins. L’eau, les soupes et les tisanes deviennent nos meilleures amies. A celui ou celle qui oublie de boire suffisamment (quand il le peut) la migraine sonne rapidement comme un précieux rappel qu’il ne faut pas faire n’importe quoi…

Attention toutefois : certaines maladies (diabète, anémie, etc.) et certaines conditions (menstruations, grossesse, etc.) sont incompatibles avec la pratique du jeûne. Vous connaissez le proverbe : en cas de doute, consultez votre médecin 🙂

3. Vous n’allez pas perdre du poids

Non, le jeûne n’est pas une technique de régime. D’un point de vue purement psychologique c’est d’ailleurs l’exact opposé d’un régime : le jeûne repose sur le principe de la privation alors qu’un régime repose sur la recherche d’un équilibre alimentaire. Si vous cherchez à utiliser le jeûne comme moyen de perte de poids :

  • vous allez être déçu : le corps adapte rapidement son niveau de consommation énergétique à la quantité d’aliments qu’il reçoit. Ainsi, si vous perdrez effectivement du poids les 3 ou 4 premiers jours, les jours suivants vous constaterez une reprise de poids : votre organisme se met en mode « disette » et se met à stocker la moindre calorie disponible dans les graisses pour « préparer le futur » ;
  • vous risquez la dénutrition et la frustration : bref à chaque rupture de jeûne vous vous précipiterez sur la nourriture, vous mangerez mal ce qui entraînera de la fatigue, ce qui vous poussera à manger davantage ou à tomber dans une spirale anorexie/boulimie.
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Photo by Polina Tankilevitch on Pexels.com

4. Vous n’allez pas guérir du cancer

Il faudrait que certains Naturopathe se retiennent de raconter des bêtises. Si la pratique du jeûne possède de nombreux effets bénéfiques, ce n’est pour autant pas le remède miracle à tous vos problèmes de santé. S’il est vrai qu’au 21e siècle, on meurt davantage de surnutrition que de dénutrition, il faut considérer que de manière générale, tous les excès sont mauvais pour notre organisme. Le Jeûne n’est pas un médicament. C’est une pratique qui, comme d’autres participent au développement d’une vie saine et équilibrée. Si vous êtes malade et que vous vous lancer dans le jeûne alors que vous n’avez fait cela auparavant dans votre vie, vous allez seulement fatiguer encore plus votre organisme.

Ce que je pense du jeûne (à titre personnel) :

Si je me permets d’écrire un article sur le sujet, c’est parce que, sans aborder la question spirituelle, le jeûne m’a beaucoup apporté dans ma vie. Voici une liste non exhaustive des effets positifs que j’ai pu ressentir :

Le jeûne m’a appris la privation. Le fait de dire « J’ai autant de nourriture de disponible que je le souhaite, mais je n’y toucherai pas » est, de mon point de vue, un acte fort. Ce n’est pas parce que je peut faire quelque chose, que je dois le faire. Dans une société où tout est disponible immédiatement, le fait de refuser de consommer, pendant une période tout du moins, permet à mon avis de prendre du recul sur ce que l’on fait, et pourquoi on le fait.

Le jeûne m’a appris a exercer ma volonté, à dire non sans contrainte et à supporter la faim et la soif. Cela me rappelle également, que si moi j’ai le choix de jeûner, d’autres personnes le font sous la contrainte de la pauvreté. Je suis donc pleine de gratitude d’avoir chaque jour à manger sur ma table et le jeûne me rappelle que ce fait n’est pas une évidence pour tout le monde.

Enfin, le jeûne m’offre chaque fois une période de calme pendant laquelle je trouve fort appréciable de me recentrer sur ce qui est essentiel.

Cet article est terminé. Merci de l’avoir lu jusqu’au bout, j’espère qu’il vous aura intéressé 🙂

Prenez bien soin de vous.

Marie.

Ma recette de crêpes

Bonjour à tous, J’espère que vous passez un excellent dimanche. Je m’en suis rendu compte il n’y a pas longtemps : la toute première recette publiée sur mon blog était une recette de crêpes ! C’était il y a un an et demi … déjà ! Vous la trouverez dans la page en lien ci-dessousLire la suite « Ma recette de crêpes »

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