Et si la dopamine, nous rendait malheureux…

woman holding card while operating silver laptop

Bonjour à tous,

J’espère que cet article vous trouvera en forme et à tous ceux qui ne l’ont pas, je vous souhaite un bon rétablissement.

Comme vous le savez, je me trouve actuellement en Allemagne. J‘avais d’ailleurs écrit un article il y a quelques mois sur ce que j’avais aimé ou non dans le fait de vivre en Allemagne, je vous invite à le lire, si jamais ce n’est pas déjà fait. En tout cas si je vous parle de l’Allemagne aujourd’hui, c’est parce que, comme vous le savez peut-être, le gouvernement allemand a imposé des restrictions sanitaires relativement strictes depuis début novembre 2020. Pour faire simple, il n’y a pas de restriction de déplacement (pas de couvre-feu, ni de confinement au sens strict), mais tout ce qui est considéré comme non essentiel a été fermé pendant 4 mois, y compris les écoles qui ont été fermées pendant 2 mois.

Après avoir enfin réussi à faire baisser le nombre des contaminations en février, le gouvernement a autorisé la réouverture de certains types de commerces (mais force est de constater que beaucoup ont mis la clé sous la porte depuis) avant de paniquer en voyant le chiffre des contaminations de nouveau s’emballer. Conséquences impromptue, après plusieurs manifestations anti-restrictions n’ayant pas très bien tourné, Angela Merkel a du s’excuser d’avoir voulu confiner l’Allemagne à Pâques, tandis qu’Emmanuel Macron a de son côté du s’expliquer sur la raison pour laquelle il ne souhaitait pas reconfiner.

Ce monde devient si compliquer à comprendre …

A lire également : Il y a de belles choses à voir en Allemagne

En réalité, cette différence tient principalement sur une question culturelle. La société française fonctionne selon un modèle hiérarchique relativement stricte (Etat centralisé, patron paternaliste, etc.) tandis que la société allemande fonctionne selon le modèle de la hiérarchie inversée (c’est celui qui se trouve en haut de la pyramide qui doit des compte à ceux qui sont en bas).

Pendant ce temps là, Samedi dernier, alors que j’allais à la ville dans le but de faire un peu de shopping non essentiel, je me présente devant l’enseigne H&M (oui, oui, je sais…) et me voit interdire l’accès au motif que je n’ai pas pris de RDV sur internet. Incompréhension. Ainsi, dans ce nouveau monde je devrais prendre rendez-vous à l’avance pour m’acheter un jean à 20 euros ? Mais où se trouve l’intérêt ? A en croire la queue qui s’étendait devant la vitrine de l’enseigne, je devais être l’une des rares à ne pas l’avoir trouvé…

Et puis, l’espionnage de Google faisant relativement bien son travail, je me suis vue suggérer quelques jour plus tard une vidéo sur YouTube abordant la problématique de la fast-fashion.

Il y a aussi eu ces conversations avec des amies. Une amie parisienne qui me demandait si ça ne me manquait pas de sortir dans des cafés pour rencontrer des gens. Une autre qui m’explique en quoi la frustration qui règne favorise largement les achats compulsifs. A en croire la poubelle de mon immeuble remplie de cartons Amazon depuis plusieurs mois, je me doute bien que cette dernière a raison…

Mais moi ? Est ce que ça me manque de m’acheter des fringues ou de faire du shopping, d’aller au restaurant ou de rencontrer mes amis dans des cafés ? Bizarrement, je dois dire que non. Au début, oui, c’est clair que ça me manquait grave ! Et aujourd’hui ? Non. J’ai appris à faire du sport sans salle de sport, à me divertir sans cinéma, à sympathiser avec des gens en dehors des terrasses de cafés et à manger sans restaurant. J’ai appris à vivre avec beaucoup moins de moments d’excitation et de joie suscités par des évènements extérieurs.

J’ai même trouvé que ce sevrage de dopamine ressemblait beaucoup a mon sevrage de nicotine qui a eu lieu deux ans plus tôt. Même sensation de manque, même frustration et besoin de se jeter sur autre chose pour compenser, même impression de perte de sens de son existence, et puis à l’arrivée… même soulagement.

Quand je fumais, je n’étais pas capable d’envisager ma vie sans fumer. Et puis un jour, j’ai observé les non fumeurs et je me suis demandée : comment font-ils pour vivre sans fumer ?

Il paraît que chacun a sa propre définition du bonheur. Mais j’ai quand même la sensation que l’on nous pousse à penser que notre bonheur s’évalue selon la quantité de joie que l’on peut ressentir au cours d’une période. Et si la dopamine que l’on ressent quand on consomme par exemple (circuit de la récompense), n’était pas capable de nous offrir autre chose qu’une dépendance à la joie ? Et qu’en créant cette dépendance, elle nous rendait finalement malheureux…

Et si être heureux, c’était plutôt être apaisé de ses peurs et trouver un sens dans ce que l’on fait ?

Je vous laisse sur cette interrogation. A tous les confinés et les non confinés, à tous les heureux et les moins heureux, à tous les malades et ceux en bonne santé. Je vous souhaite un bon week end.

Prenez bien soin de vous.

Marie.

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