Pourquoi le covid-19 touche-t-il moins fort le Maghreb que l’Europe ?

medical stethoscope and mask composed with red foiled chocolate hearts

Bonjour à tous,

Voici la suite de ma série d’articles sur le Maroc. Après avoir parlé avec vous de religion, d’expatriation, d’art culinaire et d’art tout court, je ne pouvais pas faire l’impasse sur la question la plus actuelle qui soit : comment le Maroc s’en sort-il avec la pandémie de Covid-19 ?

Pour écrire cet article, je suis partie d’un constat. En mars 2020, au moment de la première vague de l’épidémie, tous les observateurs « occidentaux » prédisaient que la pandémie de covid-19 représenterait une catastrophe pour les pays du continent africain, bien moins développés d’un point de vue économique et médical. Un an plus tard, les statistiques officielles sur la pandémie donnent tort à la plupart de ces prévisions et l’Afrique semble bien moins touchée que les autres continents.

Par exemple, à l’heure où j’écris cet article, le nombre de décès du coronavirus est de :

  • 85.000 en France pour 67 millions d’habitants, soit 0.12% de la population ;
  • 8.600 au Maroc pour 36 millions d’habitants, soit. 0.02% de la population.

Ainsi, si l’on se concentre sur la comparaison entre ces deux pays et que l’on parle d’un point de vue purement statistique, le constat est simple : le Maroc s’en sort mieux que la France avec la pandémie de covid-19 : moins de contaminations, moins de décès.

Mais, comment fait-il ?

Si la question est complexe, la réponse l’est tout autant et invite selon moi à l’observation interculturelle. Que se passe-t-il donc de différent de l’autre côté de la Méditerranée ? Dans cet article, je partage avec vous mes impressions sur le sujet :

1. Un confinement strict et précoce

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Photo by Miguel Montejano on Pexels.com

En Mars dernier, quelques jours seulement après la France, le Maroc se confinait. Pourtant, la situation épidémique dans les deux pays n’en était pas du tout au même stade. Si en France, les hôpitaux étaient déjà au bord de la saturation. Le Maroc, lui, n’enregistrait qu’une centaine de cas sur l’ensemble de son territoire.

A la sortie du confinement au mois de juin, des mesures extrêmement strictes ont été prises pour limiter le démarrage de l’épidémie : masque obligatoire dans tout l’espace public ; prise de température à l’entrée de chaque magasin, fermeture de tous les espaces représentant des risques. Et puis surtout, des contrôles très réguliers et des sanctions extrêmement strictes en cas de non respect.

Grâce à l’ensemble de ces mesures et à bien d’autres encore, la première vague a été quasiment inexistante au Maroc.

2. Une gestion très locale de l’épidémie

A partir de l’été 2020, les autorités adoptent une stratégie très locale de gestion de l’épidémie. Les déplacements entre les villes sont limités aux motifs impérieux, les clusters sont rapidement identifiés et mis sous cloche. En agissant de cette manière, le Maroc a certainement agit de manière considérable sur la propagation du virus.

3. Plus d’espace, plus d’aération

Outre la politique nationale de gestion de l’épidémie, il y a des éléments de la vie courante qui ont très certainement contribués à ce que les contaminations n’explosent jamais les compteurs comme cela a été le cas en France par exemple.

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Photo by Daria Shevtsova on Pexels.com

Au titre de ces éléments, on pourra commencer par citer la question de l’aération des espaces de vie et de travail. Grâce au temps plus clément que l’on connaît au Maroc, il est beaucoup plus facile de vivre avec les fenêtres ouvertes toute la journée (ou presque). Par ailleurs, comme je l’ai dit dans un précédant article, les systèmes de chauffage étant quasiment inexistants, les gens sont habitués à s’habiller chaudement en hiver car il existe souvent bien peu de différence de température entre l’intérieur et l’extérieur. Dès lors ouvrir la fenêtre n’est pas un problème.

Enfin, pour les espace fermés, comme les bureaux, seules des climatisations individuelles seront utilisées. En somme, chaque pièce a son propre climatiseur qui relie directement l’extérieur. Le systèmes de climatisation collectivement sont très rarement utilisés.

4. Une meilleure qualité de vie

Le Maroc dispose de deux arguments supplémentaires dans la lutte contre l’épidémie :

  1. Le Maroc est un pays où l’on mange bien et surtout où l’on mange beaucoup de fruits et légumes frais. Et Oui ! Le Maroc est avant tout un pays agricole et avec une très grande « culture » en matière de phytothérapie. Dire qu’au Maroc on ne mange que « healthy » toute l’année serait complètement faux, cependant le régime alimentaire marocain apporte une quantité en vitamines beaucoup plus importante que ce que l’on peut connaître dans le nord. Oubliez les conserves, les surgelés, les produits ultra transformés dans vos assiettes, tout (pratiquement) se cuisine frais et quelques soit le budget !
positive multiracial family cooking together in kitchen
Photo by Gabby K on Pexels.com
  1. La deuxième chose qui semble compter est que le beau soleil du Maroc permet d’éviter naturellement les carences en vitamine D, elle aussi utile dans le fonctionnement du système immunitaire. Oubliez l’huile de foie de morue ou les pastilles effervescentes, votre organisme reçoit un apport équilibré tout au long de l’année ce qui lui permet d’éviter la faiblesse de l’hiver !

5. Une bonne hygiène individuelle

Quand je suis arrivée au Maroc, j’ai été énormément surprise d’apprendre qu’une très grande proportion de logements ne possédaient pas de salle de bain et que beaucoup de personnes ne se lavaient qu’une fois par semaine en se rendant au hammam (les bains publics). En réalité, moi qui avait une certaine conception de la propreté (une douche par jour minimum et se laver les mains avant de manger, pour la base), j’ai appris au fur et à mesure que l’hygiène au Maroc passe par une multitude d’autres actions dont je n’avais pas conscience :

  • les musulmans font leurs ablutions (lavage des avant-bras, de la tête et des pieds) 5 fois par jour pour réaliser la prière et doivent porter des vêtements propres ;
  • tous les logements dans lesquels j’ai été invitée sont extrêmement propres : la maison étant un lieu dans lequel on passe beaucoup de temps et où on reçoit souvent des invités, il est très important dans la culture marocaine d’en prendre soin ;
  • la nourriture est soit, très bien lavée et désinfectée avec du vinaigre ou du sel, soit cuite pendant très longtemps. Si l’on mange chez soi, il y a donc très peu de chance de tomber malade ;
  • Les mains sont lavées très régulièrement pour toutes les activités de la vie quotidienne ;
  • Ce qui est sale n’entre jamais en contact directement ou indirectement, avec ce qui est propre.
tropical resort spa with moroccan bath pool
Photo by Maria Orlova on Pexels.com

Voici quelques raisons qui, selon moi, peuvent expliquer qu’au Maroc, le nombre de contaminations et de décès au Covid-19 sont moins nombreuses. J’avoue que je serais bien incapable d’évaluer l’impacte de chacune d’elle sur la propagation de l’épidémie…

Si vous l’avez loupée, je vous invite à découvrir l’exposition virtuelle de Nomade Urbaine en cliquant sur l’image ci-dessous.

Comme toujours prenez soin de vous ! Marie

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