Avons-nous créés une société de victimes ?

Bonsoir à tous,

Vous trouverez ci-dessous un article un petit peu différent de ceux que j’écris d’habitude. Il s’agit d’un texte d’opinion engagé qui interroge notre modèle de société. Il fait écho à l’actualité. J’espère qu’il vous plaira.

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La question de la violence a profondément marqué l’actualité de ces dernières années. Les uns après les autres, les débats sur les violences faites aux femmes, aux enfants ou aux membres d’une même famille, aux salariés et aux patients sont apparus sur le devant de la scène et ce n’est certainement pas fini. Et pour cause, pour citer mon généraliste « nous vivons dans une société de maltraitance ».

De fait, la violence est l’une des valeurs les mieux partagées de notre société. Elle est présente dans tous les domaines comme dans toutes les couches de la société. Elle autorise ceux qui sont désignés comme ayant de l’autorité, à abuser de cette autorité envers ceux qui s’en croient démunis. Elle autorise ceux qui sont désignés comme étant des victimes, à se venger de ceux qu’ils appellent leurs bourreaux. Et dans cette équation, ni le droit, ni la justice, ni l’équité ne sont respectés.

Nous avons construits cette société de violence, parce que nous avons idéalisé la violence. En effet,

Nous avons pris pour modèle la Révolution de 1789, période pendant laquelle les têtes étaient coupées sur la place publique.

Nous avons avons chanté « aux armes, citoyens ! », encore et encore.

Nous avons pris comme emblème un coq, cet animal si agressif et dominateur.

Nous avons prié devant une croix, cet instrument de torture réservé aux terroristes de l’Antiquité romaine.

Nous avons acceptés que Marianne offre son sein à toute la nation.

Nous avons glorifiés Robespierre, Bonaparte et De Gaulle qui sont des symboles mêmes de la domination et de la violence et les avons érigés en héros.

Et avec tout cela, nous sommes encore étonnés que la violence soit présente dans pratiquement chaque foyer, chaque famille, chaque entreprise, chaque cabinet médical, chaque institution.

Nous sommes étonnés que le covid et les confinements révèlent autant de souffrance mentale au sein de notre population.

Nous sommes blasés d’entendre encore parler du harcèlement ou de la pédocrimminalité dans l’Eglise.

Nous sommes stupéfaits que le terme « pervers narcissique » soit devenu si à la mode alors .

Pour autant, transformer la société de violence en société de victimes n’est pas une solution. Pourquoi ? Parce que la victimisation n’est pas un processus psychologique sain. Déjà à l’échelle individuelle, la victimisation peut faire beaucoup de dégâts. D’abord à la personne qui se victimise, en l’enfermant dans un cercle vicieux duquel elle aura un mal fou à se sortir. Dans son schéma psychologique, la victime :

  • Se déresponsabilise de sa propre existence : tout est de la faute des autres ;
  • Légitime la souffrance qu’elle peut causer à autrui, sous couvert d’être une inoffensive victime ;

Mais si ce processus est malsain à une échelle individuelle, il l’est d’autant plus à l’échelle collective, puisque par un mouvement de foule (aujourd’hui ça ne se passe plus vraiment dans la rue mais sur les réseaux sociaux), il peut encourager à la vengeance et à la violence collective. C’est un peu ce qui s’est passé en 1789. Sauf qu’après 1789, il a fallu de nombreux bains de sang et près de 150 ans pour que la France redevienne un pays stable.

En France, j’aimerais bien trouver quelqu’un qui n’ait pas vécu au moins un traumatisme lié au fonctionnement de notre société. Mais il faut regarder les choses en face : ce ne sont pas quelques bourreaux qui sont responsables de ces traumatismes, c’est nous tous. Parce que nous avons pris la violence et la domination comme modèle à la place de l’équité et de la bienveillance. Nous sommes tous bourreaux et victimes dans notre propre modèle de société.

Il est temps de mieux choisir nos symboles, de revoir nos hymnes et de reconsidérer nos valeurs. Il est temps de proposer un nouveau modèle et de ne pas laisser les messagers de haine s’emparer encore du débat. Il est temps de chercher le pardon, l’apaisement et la sérénité. Il est temps d’être intolérant à la violence et à tout ce qui cherche à la justifier.

Il est temps de prendre un peu soin de nous et de prendre soin les uns des autres.

Alors, n’attendez pas pour être bienveillant !

Marie

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