La vie est-elle sacrée ?

Oui, n’est-ce pas ? C’est bien au nom de ce principe que l’on vient tous de passer la pire année de notre vie, non ? Non, mais attends une minute…

Bonjour à tous, j’espère que vous allez bien !

Aujourd’hui, je voulais écrire un peu différent de d’habitude, un article d’opinion et de réflexion sur le monde qui nous entoure et notre manière de le voir. Je voulais, m’attaquer au thème de la vie et de la mort, mais surtout, à l’importance que l’on accorde à ces deux notions.

Alors certes, je n’ai pas l’intention de révolutionner le monde philosophique avec mes petits articles de blog. Néanmoins, ça me paraît important que l’on continue de s’interroger sur des concepts aussi universels et surtout sur nos rapports à ces concepts à notre époque.

Beaucoup sont ceux qui souffrent de la pandémie et surtout de ses conséquences et peut-être (je dis bien peut-être) que notre vision, nos principes et nos valeurs, ne sont pas si bien adaptés que cela à vivre de telles crises.

Voilà, maintenant que j’ai dit cela, je vais pouvoir entrer dans le vif du sujet, et celui qui m’intéresse aujourd’hui est le suivant : « La vie est-elle sacrée ? ». Si cet article vous intéresse et que vous souhaitez en lire d’autres de ce genre n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires 🙂

1. Qu’est ce qui est sacré ?

Je pense qu’il faut toujours partir des mots et des expressions que l’on emploie pour bien comprendre le sens des choses. Ici, le mot qui m’intéresse est le mot « sacré ». Or, ce mot pose problème car la manière dont on l’utilise aujourd’hui, fait oublier son sens premier.

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Aujourd’hui, on utilise le mot sacré pour dire de quelque chose qu’il est important, précieux, inviolable, etc.

Mais à l’origine, le mot « sacré » a un sens exclusivement religieux. On oppose dans le monde le sacré et le profane, ce qui appartient à Dieu / aux Dieux et ce qui appartient aux hommes.

Or, selon le sens traditionnel et en particulier monothéiste, ce qui est sacré est protégé par la loi de Dieu. Dans l’Ancien Testament, cette loi de Dieu sera représentée par les Tables de la Loi (les 10 Commandements), dans le Nouveau Testament on retiendra l’épisode où Jésus s’énerve contre les marchands qui font leur commerce dans le Temple (sacré) de Jérusalem et en Islam, cette Loi est symbolisée par le mot « Haram » aujourd’hui traduit par le sens « interdit » mais qui signifie en réalité « protégé ».

Plus de deux millénaires de croyances religieuses nous enseignent donc que la vie est sacrée parce que :

  1. C’est une création de Dieu ;
  2. Dieu a interdit aux hommes de tuer sans sa permission.

En d’autres termes, Dieu décide de la vie comme de la mort. Cette dimension ne relève pas du pouvoir des Hommes.

Ok… mais si on est athée, peut-on quand même penser que la vie est sacrée ?

2. Qu’est ce qui donne sa valeur à la vie ?

A partir du XIXème siècle, l’Europe occidentale a commencé à développer une pensée morale laïque qui va constituer le socle de nos croyances actuelles. Attention, ce mode de pensée est spécifique à certains pays dont la France, et encore aujourd’hui, est loin d’être universellement partagé.

On aurait pu croire que le recul du pouvoir religieux, la progression de l’athéisme et l’avènement de la science moderne auraient eu raison du caractère sacré de la vie…. mais c’est en réalité tout l’inverse qui s’est produit !

A partir de la fin de la seconde guerre mondiale, l’Homme sait fabriquer des armes puissantes aussi bien que des vaccins et grâce aux pesticides et aux engrais, il met fin au cycle éternel des famines. Désormais, c’est l’Homme qui a le contrôle sur la vie et sur la mort, et il n’a qu’une idée en tête : comprendre et contrôler le monde pour vaincre la mort.

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Et puis surtout, il y a cet individualisme qui se développe. Si je n’ai plus besoin des autres pour assurer ma survie et que l’Etat prend en charge ma santé et ma sécurité, alors je peux jouer une existence en dehors du groupe et me mettre à penser que je suis un individu unique. Et si je suis unique, alors ma vie a de la valeur.

3. La mort est-elle anormale et dramatique ?

Notre mode de pensée qui se développe à partir de 1945, se résume de la manière suivante : aujourd’hui, il n’y a plus de raisons de mourir comme avant. Nous avons la science, nous avons la médecine, nous avons l’ONU, nous avons le droit et la justice, nous pouvons manger à notre faim, etc.

Résultat, nous grandissons avec l’idée que nous pouvons faire une grande carrière, élever nos enfants, voir grandir nos petits enfants, partir faire le tour du monde en camping car à la retraite et s’éteindre gentiment vers 95 ans. Et la mort, dans tout ça ? En général, elle ne fait pas du tout partie du plan.

La mort, qui était un élément parfaitement intégré à la vie pendant des milliers d’années, est devenu (dans nos pays) en l’espace de 70 ans à peine, quelque chose d’anormal et de dramatique. Considéré comme un échec de la vie moderne.

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Mais si la mort est considérée comme anormale, alors elle devient une source d’angoisse, on se met alors à vouloir vivre à fond et à vouloir faire le maximum de choses, à cocher le maximum de cases avant que la mort ne nous emporte. Il y a alors une obsession de vivre sa meilleure vie, de tout réaliser dans un objectif de performance et surtout, d’optimiser au maximum son temps.

Et c’est, à mon humble avis, exactement ce qui pose problème dans la période actuelle. Parce que, selon moi, ce qui pose problème avec l’idée que l’année 2020 ai été « gâchée », c’est cette obsession du temps qui passe et qui n’a pas été optimisé. Ce qui pose problème avec l’idée de rester chez soi sans rien faire, c’est de n’avoir pas grand chose pour nous distraire de l’idée que nous allons mourir.

4. Une conclusion ?

Je ne vais pas m’amuser à parler de la gestion de la crise du Covid-19. Déjà parce qu’il y a suffisamment de personnes qui en parlent, mais aussi parce que je pense qu’on n’a pas suffisamment de recul pour savoir vraiment qui a raison.

Par contre, je peux dire les choses suivantes :

J’ai écrit cet article pour donner des éléments de réflexion sur notre manière de voir les choses parce que mon opinion et qu’on se trompe fondamentalement sur notre rapport à la vie et celui à la mort.

Pour dire cela, je me suis basée sur trois choses :

  • A titre personnel, cette année dans mon entourage, j’ai vu mourir du jour au lendemain d’une crise cardiaque, trois hommes de moins de 50 ans. Trois personnes différentes qui ne se connaissaient pas et qui sont mortes de manière aussi subite qu' »anormale ».
  • La pandémie actuelle, bien entendu ;
  • Cette semaine, j’ai lu un article sur l’activité pendant le confinement des centres d’accueil de jour pour les sans-abris et réfugiés. Dans cet article, il était dit que les réfugiés pour la majorités ne se sentaient pas particulièrement anxieux face à la pandémie car ils avaient l’habitude de voir tellement pire (selon les propres termes de l’article) ;

Je pense que notre obsession de vivre, notre obsession du bonheur et notre angoisse de mort sont en décalage avec la réalité biologique que nous sommes et que dans une période de crise comme celle que nous traversons ils représentent un véritable obstacle.

Voilà, c’est ça que je voulais partager avec vous aujourd’hui. Je vous félicite et vous remercie si vous avez pris le temps de lire cet article jusqu’au bout.

Dites moi quelle est votre opinion dans les commentaires.

Prenez soin de vous !

Marie

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